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Sainte Catherine
L'église collégiale « Sainte Catherine » n'aurait jamais vu le jour sans la générosité de sa noble donatrice, Dame Catherine de Coetivy, qui permit d'achever les travaux lors de la première moitié du XVIe siècle. « Sainte Catherine » remplace ainsi une première église construite au IXe siècle par les moines de l'Abbaye de Charroux et certainement détruite par les Normands (encore eux !).
Défier le temps aura coûté cher à l'édifice : pendant les guerres de religion, pillages et incendies ne sont pas étrangers à l'écroulement de ses voûtes, qui aura lieu en 1568, et sera suivi de la mise en vente des biens des Chanoines de Magné en 1789, ce qui n'est rien à côté de sa reconversion en entrepôt de fourrage puis en hôpital militaire pour les « galeux » en 1793, et comme si ce n'était pas assez, il fallait que sa cloche soit supprimée et condamnée à finir ses jours à la fonderie « Niortaise », affront auquel il convient d'ajouter sa nationalisation (de l'église, pas de la cloche) en 1795, après quoi il faudra attendre 1844 pour qu' « Elisabeth » soit montée à son sommet telle la cerise sur son gâteau (il s'agit bien sûr d'une cloche, pas de la reine), sans oublier la gloire suprême et légitime d'être classé « monument historique » le 10 février 1913 ! Ce couronnement permettra à « Sainte Catherine » de se refaire une beauté : une nouvelle coupe (rénovation de la toiture), un peu de fond de teint (réfection de la façade), et quelques « bijoux » (construction du nouvel autel sous lequel se trouve la pierre tombale du curé François Pierre Augustin Rouvier en 1966) suffisent... Ebouriffant !
Le titre de « monument historique », « Sainte Catherine » ne l'a pas volé. Elle se présente aux visiteurs couverte d'un joli portail Renaissance, signé Mathurin Berthon (l'architecte qui édifia l'Hôtel de Ville de Niort) et assorti à ses parties anciennes qui, à l'exception de deux fragments de chapiteau roman réemployés, remontent à la fin de l'époque flamboyante et à la Renaissance. Le mystère est complet lorsque le regard s'aventure au-dessus de la chapelle, dont la clef de voûte est blasonnée aux armes de France... on est alors projeté dans la salle qui fut sans doute la gardienne du trésor du chapitre ! Face à l'autel St Joseph demeure encore un chapiteau, vestige de l'ancienne église romane. Aujourd'hui, un cimetière désaffecté depuis le XVIIIe siècle a laissé place à l'actuel parking, tout comme une nouvelle Mairie s'est substituée à l'ex-presbytère, jadis accolé à notre fameuse « Sainte Catherine ».
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