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four2_03.jpgA Magné, le premier atelier de poterie connu fut fondé au début du XIXe siècle. Tandis que l'argile locale rentrait d'un côté, les objets les plus divers et variés sortaient de l'autre : pots à fleurs forme « Tours » et « Paris » à la terre du pays, pots à résine au « bri marin », pots à lait, faisselles, cafetières, pots marmites à la terre « réfractaire », écuelles de chauffe-pieds, diables, pots à pieds, pots « Nantais », pots « rouges » (qui n'ont rien avoir avec les indiens des Far West)... Il y en avait pour tous les goûts ! Sans oublier que cet artisanat fabriquait des objets qui sortaient de la sphère de l'utilitaire pour entrer dans celle de la création avec les émaux cuits à point. Ils n'avaient pas une grande valeur car ils ne recouvraient qu'une terre grossière, mais à l'époque, ils étaient très appréciés des habitants... et des touristes (c'est d'ailleurs encore le cas aujourd'hui).

four1_03.jpgAu cours du XIXe siècle, d'autres petits ateliers furent fondés dans le bourg. Vers 1830, Mr Pointeau, l'instituteur du bourg, décida de se faire construire son propre four à pots, dont il fut ma foi très satisfait. Quarante ans plus tard, Mr Essartaut, suivit la tendance et lança à son tour un atelier de poterie. Malgré toute son habileté et son intelligence, ni lui, ni son contremaître ne connaissaient le métier. Le résultat ne se fit pas attendre : 18 mois plus tard, et 20.000 francs en moins dans la bourse, l'atelier fut livré à la pioche des démolisseurs. La course aux fours n'est pas terminée : en 1887, Mr Ravard remplaça le sien, devenu obsolète, par un nouveau plus spacieux et plus moderne. En 1906, son petit-fils, un certain Mr Pontet, modernisa encore l'entreprise en faisant construire un four à deux étages : quelques années plus tard, la fabrique occupait quatre tourneurs et deux manœuvres (le pauvre Mr Essartaut, s'il ne l'était pas déjà, en serait mort de jalousie) ! en 1920, Mr Veillet, qui exerçait tour à tour les fonctions de manœuvre et de tourneur, monta également son atelier. Ce sera le dernier.

Seul le « Four Pontet » a pu résister aux affres du temps. Après avoir cessé son activité de fabrication de poteries en 1980, il a été racheté en 1989 par la municipalité, désireuse d'en assurer la restauration et la préservation. Grâce à cette nouvelle jeunesse, le « Four Pontet » a pu se métamorphoser en « Espace Culturel du Four Pontet ». Ce lieu désormais dédié à l'Art est à découvrir à travers des expositions de peinture de qualité, programmée dans calendrier disponible sur le site officiel du Four Pontet.