Le Marais Poitevin

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botte.giffleche bleue.pngOrigine possible

D'après les dires de Rabelais, c'est Gargantua, géant bien connu pour son appétit vorace et ses bouffonneries, qui serait à l'origine de notre Marais. Alors que ce dernier sillonnait les campagnes en direction du pays Niortais, il sentit venir un besoin si pressant qu'il ne put le contenir bien longtemps. Posant un pied gros comme une baleine sur la cathédrale de Luçon, et l'autre, aussi pesant qu'un rocher, sur celle de Niort, le monstre s'accroupit pour assouvir sa pulsion ô combien naturelle. La catastrophe qui résulta de cet acte pourtant bien innocent ne se fit pas attendre : la région toute entière fut inondée jusqu'à la mer ! Voici la modeste origine de notre « Venise Verte », plus communément appelée « Marais Poitevin »...

fleche bleue.pngOrigine probable

venise-verte_03.jpgSelon certaines sources plus scientifiques (mais beaucoup moins amusantes), la « Venise Verte » se situerait dans le prolongement intérieur du « Golfe des Pictons ». Ce golfe, large d'une trentaine de mètres à son ouverture sur l'océan, voit le cours qui l'alimente en eau s'amenuiser au fur et à mesure qu'il progresse vers l'arrière pays, pour finir par partager le lit de la douce « Sèvre Niortaise ». Composée d'une mosaïque de petites îles, cimentées par la bourbe argileuse et verdâtre des marécages, notre farouche « Venise Verte » s'est longtemps montrée intraitable quant à sa colonisation par l'Homme.

En effet, dès le Moyen Age, sous l'impulsion des seigneurs locaux et des moines bénédictins, de vastes travaux d'assèchement sont entrepris afin de dompter cette région rebelle. Mais la Guerre de Cent Ans et les Croisades qui se succèdent alors anéantissent une partie des travaux déjà exécutés. Il faudra attendre le XVIIe siècle pour que Henri IV relève une seconde fois le défi, avec l'aide d'ingénieurs Hollandais.

fleche bleue.pngDevenir

desseche_03.jpgCette seconde tentative royale n'aura pas été vaine : le temps ayant fait son œuvre, cette ancienne terre sauvage a finalement été domestiquée pour accoucher de deux beaux enfants : le « Marais Desséché » (l'aîné, mesurant 80.000 Ha) et le « Marais Mouillé » (le cadet, d'une taille non négligeable de 15.000 Ha). Grâce à son travail, à son entêtement et à son sens du progrès, l'Homme peut se féliciter d'avoir remporté cette bataille contre une nature hostile. Qui sera le vainqueur de cette guerre ancestrale ?

Pour l'instant, personne. La trêve est signée : le Parc Interrégional du Marais s'efforce d'ailleurs depuis plusieurs années de coordonner les actions destinées à préserver la « Venise Verte ». En effet, l'unité écologique de cette terre autrefois sauvage, désormais agressée par les affres du progrès (remembrement, culture intensive, pollution...), demeure très fragile.

 

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