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Ce nouvel équilibre s'ébranle lorsqu'au Xe siècle, la menace des invasions Normandes pousse Charles le Chauve à signer un édit proclamant la construction d'une tour de garde sur les bords de Sèvre (à laquelle on adjoindra beaucoup plus tard des forteresses puis un château). A la fin du XIe siècle, le royaume des Francs n'est pas tombé sous le joug des Vikings sanguinaires : grâce à ce détail, les « huttiers », de pauvres gens attirés par les domaines seigneuriaux et religieux, peuvent ériger leurs « huttes » le long de la rivière en toute tranquillité ! Le 9 septembre 1469 est à marquer d'une pierre blanche : Louis XI est l'illustre invité de Magné. Le « VIP » à perruque et talonnettes réside pour l'occasion chez le Sire de Malicorne, qui se félicitera toute sa vie d'avoir eu un tel honneur. Avec le recul, ce passage-éclair ne bénéficiera qu'à notre triste sire. En effet, il ne portera pas chance à la tour de Magné : au XVIe siècle, elle est le théâtre de violents affrontements et finira par être pillée par les Protestants. C'est la débandade !
Pendant l'Ancien Régime, les artisans ont désormais l'ascendant sur les travailleurs agricoles : ils représentent alors le quart de la population. Aidé par les échanges qui s'effectuent avec Niort, son influent voisin, Magné élargit sa palette de vocations : tisserands, sabotiers, maçons, tonneliers, bouchers, charpentiers et marchands voient leur nombre progresser d'année en année. Un autre quart est monopolisé par les pêcheurs. Leur métier est favorisé par le développement des activités fluviales, assurant le transport des marchandises entre Marans et Niort. A la fin du XVIIIe siècle, Magné a tout d'une petite ville stable et prospère!
Plus que le 9 septembre 1469, le roi Louis XI, et ses mouches, voici une date primordiale dans l'histoire de notre très chère commune : le 6 février 1790, la municipalité de Magné est officiellement constituée. Avec son premier maire, Jean Chenier, Magné commence une nouvelle existence, rendue légitime sur papier et devant la loi !
A partir de 1830, il y a comme un parfum d'industrialisation dans l'air... La poterie, vieille industrie locale, se modernise avec la construction de plusieurs gros fours de cuisson. En 1855, le Pont du Gué et le Pont Levis sont construits. Entre 1855 et 1925, Magné voit son activité industrielle se diversifier avec l'implantation d'une série de scieries. Mues par des manèges à chevaux dans un premier temps, ces dernières succombent vite au tourbillon de la modernité, en remplaçant leurs serviteurs à quatre fers par des machines à vapeur, moins portées sur le fourrage. Malgré tous ces efforts, les ateliers se déplacent progressivement à Niort pour former de plus grosses unités. Aujourd'hui, la commune a pu conserver une usine de bois, spécialisée dans le contreplaqué et autres déroulés, ainsi que le Four Pontet, unique rescapé d'une activité réputée et florissante. Inutile cependant d'y aller dans le but de se fournir en pots de fleurs ou autres poteries car depuis 1980, son manque de rentabilité l'a condamné à une retraite anticipée. Nonobstant le vieillissement de certains secteurs comme l'industrie, d'autres ne se sont jamais aussi bien portés. C'est le cas, par exemple, de la démographie : les Magnésiens se multiplient et atteignent le nombre de 2933 habitants en 1999 ! L'essor de l'agglomération Niortaise n'est d'ailleurs pas étranger à ce phénomène. Mais malgré l'influence des villes environnantes, Magné a su préserver et nourrir son identité maraîchine, qui fait tout son charme... |





Des fouilles archéologiques réalisées entre Magné et Coulon révèlent que le sol de notre petit village fut certainement foulé par nos amis les dinosaures : Magné existait déjà pendant la Préhistoire ! Petit village, mais grande destinée : c'est du moins ce qu'augure l'origine nominale de Magné. Les « Magnus » (qui signifie « grand » en latin), une riche famille de l'époque romaine, auraient légués leur glorieux patronyme à notre bourg. Ce dernier se serait d'ailleurs constitué sur les terres de ces ancêtres romains. A la fin du Ve siècle, alors que la Sèvre n'a pas encore régularisé son cours, le bilan de ses premiers balbutiements est fragile, mais prometteur. Magné, constitué d'une butte de 32m d'altitude ainsi que des marécages environnants, se peuple de Gaulois attirés par la pêche et la chasse.
Entre le XVIIe et le XVIIIe siècle, des seigneuries locales se succèdent à la tête de la paroisse de Magné, instaurant ainsi une relative stabilité au sein du bourg. Vers 1750, alors que la Seigneurie des Comtes de Lusignan de Lezay a pris le relais, la majorité de la population exerce une activité en lien avec la terre. Les journaliers sont les plus nombreux : ils représentent 37% des Magnésiens. Payés à la journée, ils vivent des revenus de leurs travaux agricoles. Les 10% de laboureurs arrivent en seconde position : contrôlés par un régisseur, ils exploitent les terres des bourgeois Niortais pour gagner une pitance grignotée par le loyer à débourser (pour les propriétaires terriens) et les dîmes (que perçoit le curé de Magné). Enfin, au service du château et de l'abbaye, les 9% de domestiques talonnent tout ce joli monde, complétant ainsi cette remarquable palette de métiers !